Dimanche soir à la surprise générale, les triplettes ne sortent pas. Pas de Queen, pas d'Overkitsch rien.
Muhuhuhu non c'est pas vrai, c'est pas possible. D'autant que le lundi de Pâques, c'est férié. Les triplettes ne vont pas louper ça.
Pré-soirée chez F. où les triplettes découvrent les joies de la télé-libre sur freetv perso. L'idée est simple : chacun peut brancher sa caméra sur sa free-box et diffuser en
direct ce qui se passe dans son salon, ou ailleurs. Pas de concept pour les triplettes, pas de son non plus, et pourtant sur 120 personnes qui traînent sur ces chaînes de télé amateurs,
l'audience des triplettes monte à 110 spectateurs. Leur secret? B. vous l'expliquera.
Une heure d'émission plus tard, les triplettes sont prêtes. Direction donc le Queen, 102 Champs Elysées s'il vous plaît, au niveau de George V. Devant l'entrée du
nightclub (c'est has been hein comme mot, nightclub), un spectacle ahurissant et pour autant pas vraiment étonnant : il est une heure et quart, et la file d'attente devant le Queen, qui
est déjà grande, continue de s'allonger à vue d'oeil.
Le principe est simple : veilles de jour férié, le Queen s'en fout plein les caisses en augmentant de 5 euros par tête l'entrée. Et du coup, tout le monde se précipite. C'est
vrai quoi, payer 5 euros de plus c'est vraiment
chouette. Donc the place to be ce soir, c'est au Queen. Et tout le monde le sait. Une demi-heure de queue pour entrer, une demi heure pour poser son vestiaire. Et nous voilà dans
l'étable.
Il est 2 heures. Galia n'est pas là, c'est Mademoiselle Lucy qui prend le micro. Et c'est pas réussi. Par contre c'est aussi le moment où l'affluence de monde se fait cruellement
sentir. L'air est lourd, chacun dispose comme espace vital d'une trentaine de centimètres carrés au mieux. Les gens se poussent, se tassent, ne peuvent décemment pas danser, tout au plus se
trémousser. Des esprits s'excitent, d'autres n'en peuvent plus et se réfugient dans les escaliers qui vont eux aussi être rapidement pris d'assaut.
Mais au fond où est le problème ? Il y a trop de monde, il fait trop chaud, il faut une demi heure pour rejoindre les toilettes qui battent leur record de puanteur, et avec un
peu de chance une autre demi heure pour retrouver les personnes avec qui on est venu, il faut attendre pour boire, se serrer pour fumer, c'est absolument parfait, puisque c'est l'endroit où il
faut être.
B&W se lassent et décident de partir. Il doit être dans les 5 heures. Sauf qu'apparemment, à être trop nombreux au même endroit, les mecs ici commencent à développer une
conscience collective... C'est de nouveau l'heure de pointe au vestiaire. Et cette fois, c'est pas moins d'une heure qu'il faut attendre. Échauffements, énervements, F. décide d'une autre
stratégie : quitte à rester coincé ici, autant profiter du fait qu'à cette heure les gens se serrent près du vestiaire et pas sur la piste.
Il retourne donc danser, tandis que ses acolytes, courageux, serrant les dents, attendront leur tour pendant plus d'une heure. Peu après, F. se décidera à quitter les lieux. Plus
que dix minutes de queue, il sort de la fournaise. Le jour se lève, il est 6 h et demi. C'est la première fois depuis le début de l'année qu'il voit l'aube en sortant de boîte. Le trajet en taxi
en est sur-réel. Un monde s'endort tandis qu'un autre se réveille. A la croisée de ces deux monde, F. tel un ovni, n'appartenant plus à l'un ni à l'autre, se couche dans la pâle lueur du
jour qui entre dans sa chambre.
Un conseil donc : sortez les veilles de jour férié. Vous aurez chaud, ne pourrez pas danser, paierez plus cher et passerez votre temps à attendre, vous ne profiterez pas de la
soirée, et vous coucherez exténué. Mais une chose est sûre : tout Paris sera là, alors si vous voulez trouver chaussure à votre pied, vous pouvez être certain d'avoir un aperçu du marché des
célibataires. Fou, vous dites?
F.
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